*¤ Le jeu du Dieu fou ¤*

Quelques individus, isolés du monde entier par un dieu fou, ne communiquent qu'entre eux, par e-mail. Ils s'éliminent un par un... Qui restera ?
 
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 Suis je seule?

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MessageSujet: Suis je seule?   Lun 1 Fév - 9:12

Il y a quelqu'un?

Si tu es aussi là. Qui es tu? Que fais tu là?
Peux tu me venir en aide où es tu aussi bloqué.

Sais tu pourquoi je suis ici?
Comment faire pour sortir?

Toi, as tu décidé de venir ici?

La machine transmet bien les messages?

J'imagine que tu es un homme mais pourrais tu me le confirmer.

Répond moi au plus vite! J'ai besoin de savoir.
Merci.

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Lun 1 Fév - 9:20

(excuse-moi, j'avais un diner)

Oui, je suis là.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mar 2 Fév - 6:43

Ton message répond à quelques une de mes questions.
Mais Cela me dit toujours pas qui tu es et que fais tu.
J'aimerai en savoir plus sur ta situation. Et si tu sais pourquoi on est là.


Mydriade
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mar 2 Fév - 6:52

Le bonjour Madame Mydriade,

Mon nom est Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière. Je suis compositeur de comédies théâtrales pour notre Majesté le Roy Louis le Quatorzième depuis peu.

Auparavant, j'animais une troupe itinérante, spécialisée dans la tragédie.

Monsieur, le frère du Roy (mais dois-je le rappeler) m'ayant très miséricordieusement fait l'honneur d'apprécier notre travail, m'a pris sous sa protection et me voici saltimbanque.

Sinon, que dire d'autre ? Je suis célibataire, j'ai 25 ans et j'aime les femmes, si possible plus âgées que moi. Elles ont une sagesse dans l'amour qui me ravit, j'avoue.

Mais nous nous connaissons à peine, et je me laisse parler intimement. Pardonnez-moi.

Racontez-vous. Que faisiez-vous avant de vous éveiller céans ?

Poquelin
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Sam 6 Fév - 9:07

Désolé je n'avais pas vu votre réponse. Je vous répondrai demain.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Sam 6 Fév - 10:56

Je suis votre obligé, Madame.

Poquelin
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Dim 7 Fév - 9:27

Tout ceci est un bien fort mal entendu.
J'ai dit mettre votre message de coté et je viens de remettre la main dessus. Je m'en excuse encore.
J'espère que vous m'en voudrez pas.

Moi j'ai 26 ans. Et j'aime la nature plus que tout.

Avant de me réveiller. Je me suis endormit dans ma petit cabane au milieu d'un bois. Peu fréquenté par les hommes à par moi.
Je la veille j'ai observé les animaux prés du petit ruisseau.

Encore mille excuse.

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Lun 8 Fév - 1:33

Très chère Dame Mydriade, avez-vous reçu aussi ce message signé HVHY ? Viendrait-il de notre Seigneur Dieu en personne ?

Et comment comprenez-vous ces "mouhahaha" suivis d'un dessin qui rappelle tristement un masque mortuaire oui un visage de squelette, on ne sait pas trop.

Et que veut dire l'auteur par "perdre quelque chose à laquelle on tient ? A quoi peut-on tenir plus qu'à la vie ?

J'avoue être un peu inquiet.

Mais revenons à vous. Une cabane dans les bois ? Seule ? A 26 ans ? N'est-ce pas dangereux ? Qu'y faisiez-vous ? De quoi vivez-vous ? Tant de questions passionnantes. Je suis ravi de vous avoir rencontrée par cette étrange machine d'imprimerie.

Poquelin
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mar 9 Fév - 4:34

Poquelin,

Oui je reçois aussi ses messages. Je pense qu'il essaye de nous faire peur plus que autre chose.

"Perdre quelque chose à laquelle on tient?"
Nous avons perdu notre ami schtroumpf. Et je pense que l'on tenait tous un peu à lui.
"A quoi peut-on tenir plus qu'à la vie?"
Comme je viens de la dire. On a perdu une vie qui était prés de nous.

Mais ne pensez vous pas que si c'est vraiment Dieu qui nous parle. Comme Dieu est sensé être bon et gentil.
Il aurait selon moi renvoyer au prés de son peuple. Enfin je l'espère.

Oui je vie bien seule dans une cabane mais non ce n'est pas dangereuse j'en ai pris l'habitude.
Ce que j'y fait, heu... Plein de chose. Je regarde les animaux comme je l'ai déjà dit. Et je m'occupe des plantes.

Je vie surtout de ce que la nature me donne. Mais il m'arrive de retourner en ville si j'ai vraiment besoin de quelque chose.

Et vous où vivez vous?

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mar 9 Fév - 4:55

Ma bonne, j'étais inquiet de ne point vous avoir lu plus tôt. Auriez-vous pu être attrapée par une de ces bêtes féroces qui peuplent nos bois ? Mais non. Ah, me voilà bien soulagé.

Je vis à Paris, ou du moins je vivais, car lorsque Monsieur, le frère du Roy, a eu l'obligeance de prendre notre modeste troupe sous sa protection, il a bien fallu "monter" à la Capitale, comme on dit à Paris.

Dites-moi, j'ai lu le message avec cette histoire de porte, j'ai bien envie d'aller voir si j'ai des voisins, et j'ai cru comprendre que vous étiez dans la cellule 1. Je suis dans la cellule 2 donc, toujours selon ce message étrange, je devrais trouver sans souci les portes des cellules 1 et 3, n'est-ce pas ?

Me permettez-vous d'aller voir dans ce couloir si votre porte est ouverte ? Notre séquestration serait peut-être plus agréable, même si l'on devient soit-disant muets, ce dont je doute fort...

Poquelin
cellule 2.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mar 9 Fév - 5:18

Poquelin

Je veux bien que l'on se voit mais en ce moment j'allais me rendre chez Goupil. Il dit qu'il à une fourrure magnifique.
J'espère que vous comprendrez. On remettra ça plus tard si vous le voudriez toujours. Et oui vous avez bien compris.

A Paris! Trouvez vous la ville belle? Je n'y suis jamais aller.
Roy vous a pris en protection. Que cela veux-t-il dire?

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mar 9 Fév - 5:32

Ah, bon, très bien.

Heu... je me demande si l'on peut aller dans une autre cellule que l'une des deux auxquelles nous sommes adjacents une fois que nous avons quitté la nôtre...

Nous verrons lorsque vous serez revenue.

Paris est bien assurément la plus belle ville du monde, et depuis que notre Roy y a construit en périphérie le château de Versailles, nulle compétition n'est envisageable !

C'est Monsieur, le frère du Roy, qui nous a pris sous sa protection. Il appert que Monsieur a aimé l'une de nos prestations théâtrales, et nous a même convaincus de laisser la tragédie pour la comédie. J'avoue que je trouve beaucoup plus de plaisir à jouer la comédie, et mes compères aussi, assurément.

A demain, alors ?

Bien respectueusement,

Poquelin.

PS: si vous quittez votre cellule, n'oubliez pas de mettre à jour le petit panneau situé à l'extérieur.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mer 10 Fév - 8:20

Poquelin,

J'ai passé la nuit chez Goupil, il est si doux. Aussi bien sa fourrure que sont attitude.

Je ne pense pas que l'ont puisse bouger de cellule en cellule mais je me demande si on peut se trouver à trois dans la même cellule.
Par exemple: Goupil, vous et moi dans ma cellule.

Pourrez vous me donne un de vos texte ça me changera peut être les idées.

Ce soir je suis fatiguée. On pourrais ce voir demain? Vous voulez venir chez moi ou l'inverse?

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mer 10 Fév - 8:27

Chère Dame Mydriade, je suis bien fier d'accéder à votre demande. Voici donc ci-dessous l'acte 1 de ma prochaine pièce, que j'ai intitulée "Les fouberies de Scapin" :

Scène I
Octave, Silvestre
Octave
Ah ! fâcheuses nouvelles pour un coeur amoureux ! Dures extrémités où je
me vois réduit ! Tu viens, Silvestre, d'apprendre au port que mon père
revient ?
Silvestre
Oui.
Octave
Qu'il arrive ce matin même ?
Silvestre
Ce matin même
Octave
Et qu'il revient dans la résolution de me marier ?
Silvestre
Oui.
Octave
Avec une fille du seigneur Géronte ? Silvestre
Du seigneur Géronte.
Octave
Et que cette fille est mandée de Tarente ici pour cela ?
Acte I 3
Silvestre
Oui.
Octave
Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle ?
Silvestre
De votre oncle.
Octave
A qui mon père les a mandées par une lettre ?
Silvestre
Par une lettre.
Octave
Et cet oncle, dis−tu, suit toutes nos affaires.
Silvestre
Toutes nos affaires. Octave
Ah ! parle, si tu veux, et ne te fais point, de la sorte, arracher les mots de la
bouche.
Silvestre
Qu'ai−je à parler davantage ? Vous n'oubliez aucune circonstance, et vous
dites les choses tout justement comme elles sont.
Octave
Conseille−moi, du moins, et me dis ce que je dois faire dans ces cruelles
conjonctures.
Silvestre
Ma foi ! je m'y trouve autant embarrassé que vous, et j'aurois bon besoin
que l'on me conseillât moi−même.
Les Fourberies de Scapin
Acte I 4
Octave
Je suis assassiné par ce maudit retour.
Silvestre
Je ne le suis pas moins.
Octave
Lorsque mon père apprendra les choses, je vais voir fondre sur moi un
orage soudain d'impétueuses réprimandes. Silvestre
Les réprimandes ne sont rien ; et plût au Ciel que j'en fusse quitte à ce
prix ! mais j'ai bien la mine, pour moi, de payer plus cher vos folies, et je
vois se former de loin un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes
épaules.
Octave
O Ciel ! par où sortir de l'embarras où je me trouve ?
Silvestre
C'est à quoi vous deviez songer, avant que de vous y jeter.
Octave
Ah ! tu me fais mourir par tes leçons hors de saison.
Silvestre
Vous me faites bien plus mourir par vos actions étourdies.
Octave
Que dois−je faire ? Quelle résolution prendre ? A quel remède recourir ?
Scène II
Scapin, Octave, Silvestre
Scapin
Qu'est−ce, seigneur Octave, qu'avez−vous ? Qu'y a−t−il ? Quel désordre
Les Fourberies de Scapin
Acte I 5
est−ce là ? Je vous vois tout troublé.
Octave
Ah ! mon pauvre Scapin, je suis perdu, je suis désespéré, je suis le plus
infortuné de tous les hommes.
Scapin
Comment ?
Octave
N'as−tu rien appris de ce qui me regarde ?
Scapin
Non.
Octave
Mon père arrive avec le seigneur Géronte, et ils me veulent marier.
Scapin
Hé bien ! qu'y a−t−il là de si funeste ?
Octave
Hélas ! tu ne sais pas la cause de mon inquiétude ? Scapin
Non ; mais il ne tiendra qu'à vous que je ne la sache bientôt ; et je suis
homme consolatif, homme à m'intéresser aux affaires des jeunes gens.
Octave
Ah ! Scapin, si tu pouvois trouver quelque invention, forger quelque
machine, pour me tirer de la peine où je suis, je croirois t'être redevable de
plus que de la vie.
Scapin
A vous dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles, quand
je m'en veux mêler. J'ai sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour
toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries
Les Fourberies de Scapin
Acte I 6
ingénieuses à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies ; et je
puis dire, sans vanité, qu'on n'a guère vu d'homme qui fût plus habile
ouvrier de ressorts et d'intrigues, qui ait acquis plus de gloire que moi dans
ce noble métier : mais, ma foi ! le mérite est trop maltraité aujourd'hui, et
j'ai renoncé à toutes choses depuis certain chagrin d'une affaire qui
m'arriva.
Octave
Comment ? quelle affaire, Scapin ?
Scapin
Une aventure où je me brouillai avec la justice. Octave
La justice !
Scapin
Oui, nous eûmes un petit démêlé ensemble.
Silvestre
Toi et la justice !
Scapin
Oui. Elle en usa fort mal avec moi, et je me dépitai de telle sorte contre
l'ingratitude du siècle que je résolus de ne plus rien faire. Baste ! Ne laissez
pas de me conter votre aventure.
Octave
Tu sais, Scapin, qu'il y a deux mois que le seigneur Géronte et mon père
s'embarquèrent ensemble pour un voyage qui regarde certain commerce où
leurs intérêts sont mêlés.
Scapin
Je sais cela.
Octave
Et que Léandre et moi nous fûmes laissés par nos pères, moi sous la
Les Fourberies de Scapin
Acte I 7
conduite de Silvestre, et Léandre sous ta direction.
Scapin
Oui : je me suis fort bien acquitté de ma charge. Octave
Quelque temps après, Léandre fit rencontre d'une jeune Egyptienne dont il
devint amoureux.
Scapin
Je sais cela encore.
Octave
Comme nous sommes grands amis, il me fit aussitôt confidence de son
amour, et me mena voir cette fille, que je trouvai belle à la vérité, mais non
pas tant qu'il vouloit que je la trouvasse. Il ne m'entretenoit que d'elle
chaque jour ; m'exagéroit à tous moments sa beauté et sa grâce ; me louoit
son esprit, et me parloit avec transport des charmes de son entretien, dont il
me rapportoit jusqu'aux moindres paroles, qu'il s'efforçoit toujours de me
faire trouver les plus spirituelles du monde. Il me querelloit quelquefois de
n'être pas assez sensible aux choses qu'il me venoit dire, et me blâmoit
sans cesse de l'indifférence où j'étois pour les jeux de l'amour.
Scapin
Je ne vois pas encore où ceci veut aller.
Octave
Un jour que je l'accompagnois pour aller chez les gens qui gardent l'objet
de ses voeux, nous entendîmes, dans une petite maison d'une rue écartée,
quelques plaintes mêlées de beaucoup de sanglots. Nous demandons ce
que c'est. Une femme nous dit, en soupirant, que nous pouvions voir là
quelque chose de pitoyable en des personnes étrangères, et qu'à moins que
d'être insensibles, nous en serions touchés.
Scapin
Où est−ce que cela nous mène ?
Les Fourberies de Scapin
Acte I 8
Octave
La curiosité me fit presser Léandre de voir ce que c'étoit. Nous entrons
dans une salle, où nous voyons une vieille femme mourante, assistée d'une
servante qui faisoit des regrets, et d'une jeune fille toute fondante en
larmes, la plus belle et la plus touchante qu'on puisse jamais voir.
Scapin
Ah, ah !
Octave
Un autre auroit paru effroyable en l'état où elle étoit ; car elle n'avoit pour
habillement qu'une méchante petite jupe avec des brassières de nuit qui
étoient de simple futaine ; et sa coiffure étoit une cornette jaune, retroussée
au haut de sa tête, qui laissoit tomber en désordre ses cheveux sur ses
épaules ; et cependant, faite comme cela, elle brilloit de mille attraits, et ce
n'étoit qu'agréments et que charmes que toute sa personne.
Scapin
Je sens venir les choses. Octave
Si tu l'avois vue, Scapin, en l'état que je dis, tu l'aurois trouvée admirable.
Scapin
Oh ! je n'en doute point ; et, sans l'avoir vue, je vois bien qu'elle étoit tout à
fait charmante.
Octave
Ses larmes n'étoient point de ces larmes désagréables qui défigurent un
visage ; elle avoit à pleure une grâce touchante, et sa douleur étoit la plus
belle du monde.
Scapin
Je vois tout cela.
Octave
Elle faisoit fondre chacun en larmes, en se jetant amoureusement sur le
Les Fourberies de Scapin
Acte I 9
corps de cette mourante, qu'elle appeloit sa chère mère ; et il n'y avoit
personne qui n'eût l'âme percée de voir un si bon naturel.
Scapin
En effet, cela est touchant ; et je vois bien que ce bon naturel−là vous la fit
aimer.
Octave
Ah ! Scapin, un barbare l'auroit aimée. Scapin
Assurément : le moyen de s'en empêcher ?
Octave
Après quelques paroles, dont je tâchai d'adoucir la douleur de cette
charmante affligée, nous sortîmes de là ; et demandant à Léandre ce qu'il
lui sembloit de cette personne, il me répondit froidement qu'il la trouvoit
assez jolie. Je fus piqué de la froideur avec laquelle il m'en parloit, et je ne
voulus point lui découvrir l'effet que ses beautés avoient fait sur mon âme.
Silvestre
Si vous n'abrégez ce récit, nous en voilà pour jusqu'à demain.
Laissez−le−moi finir en deux mots. Son coeur prend feu dès ce moment. Il
ne sauroit plus vivre, qu'il n'aille consoler son aimable affligée. Ses
fréquentes visites sont rejetées de la servante, devenue la gouvernante par
le trépas de la mère : voilà mon homme au désespoir. Il presse, supplie,
conjure : point d'affaire. On lui dit que la fille, quoique sans bien, et sans
appui, est de famille honnête ; et qu'à moins que de l'épouser, on ne peut
souffrir ses poursuites. Voilà son amour augmenté par les difficultés. Il
consulte dans sa tête, agite, raisonne, balance, prend sa résolution : le voilà
marié avec elle depuis trois jours.
Scapin
J'entends. Silvestre
Maintenant mets avec cela le retour imprévu du père, qu'on n'attendoit que
dans deux mois ; la découverte que l'oncle a faite du secret de notre
mariage, et l'autre mariage qu'on veut faire de lui avec la fille que le
Les Fourberies de Scapin
Acte I 10
seigneur Géronte a eue d'une seconde femme qu'on dit qu'il a épousée à
Tarente.
Octave
Et par−dessus tout cela mets encore l'indigence où se trouve cette aimable
personne, et l'impuissance où je me vois d'avoir de quoi la secourir.
Scapin
Est−ce là tout ? Vous voilà bien embarrassés tous deux pour une bagatelle.
C'est bien là de quoi se tant alarmer. N'as−tu point de honte, toi, de
demeurer court à si peu de chose ? Que diable ! te voilà grand et gros
comme père et mère, et tu ne saurois trouver dans ta tête, forger dans ton
esprit quelque ruse galante, quelque honnête petit stratagème, pour ajuster
vos affaires ? Fi ! peste soit du butor ! Je voudrois bien que l'on m'eût
donné autrefois nos vieillards à duper ; je les aurois joués tous deux
par−dessous la jambe ; et je n'étois pas plus grand que cela, que je me
signalois déjà par cent tours d'adresse jolis.
Silvestre
J'avoue que le Ciel ne m'a pas donné tes talents, et que je n'ai pas l'esprit,
comme toi, de me brouiller avec la justice. Octave
Voici mon aimable Hyacinte. Scène III
Hyacinte, Octave, Scapin, Silvestre
Hyacinte
Ah ! Octave, est−il vrai ce que Silvestre vient de dire à Nérine ? que votre
père est de retour, et qu'il veut vous marier ?
Octave
Oui, belle Hyacinte, et ces nouvelles m'ont donné une atteinte cruelle. Mais
que vois−je ? vous pleurez ! Pourquoi ces larmes ? Me soupçonnez−vous,
dites−moi, de quelque infidélité, et n'êtes−vous pas assurée de l'amour que
j'ai pour vous ?
Les Fourberies de Scapin
Acte I 11
Hyacinte
Oui, Octave, je suis sûre que vous m'aimez ; mais je ne le suis pas que
vous m'aimiez toujours.
Octave
Eh ! peut−on vous aimer qu'on ne vous aime toute sa vie ?
Hyacinte
J'ai ouï dire, Octave, que votre sexe aime moins longtemps que le nôtre, et
que les ardeurs que les hommes font voir sont des feux qui s'éteignent
aussi facilement qu'ils naissent. Octave
Ah ! ma chère Hyacinte, mon coeur n'est donc pas fait comme celui des
autres hommes, et je sens bien pour moi que je vous aimerai jusqu'au
tombeau.
Hyacinte
Je veux croire que vous sentez ce que vous dites, et je ne doute point que
vos paroles ne soient sincères ; mais je crains un pouvoir qui combattra
dans votre coeur les tendres sentiments que vous pouvez avoir pour moi.
Vous dépendez d'un père, qui veut vous marier à une autre personne ; et je
suis sûre que je mourrai, si ce malheur m'arrive.
Octave
Non, belle Hyacinte, il n'y a point de père qui puisse me contraindre à vous
manquer de foi, et je me résoudrai à quitter mon pays, et le jour même, s'il
est besoin, plutôt qu'à vous quitter. J'ai déjà pris, sans l'avoir vue, une
aversion effroyable pour celle que l'on me destine ; et, sans être cruel, je
souhaiterois que la mer l'écartât d'ici pour jamais. Ne pleurez donc point, je
vous prie, mon aimable Hyacinte, car vos larmes me tuent, et je ne les puis
voir sans me sentir percer le coeur.
Hyacinte
Puisque vous le voulez, je veux bien essuyer mes pleurs, et j'attendrai d'un
oeil constant ce qu'il plaira au Ciel de résoudre de moi. Octave
Le Ciel nous sera favorable.
Les Fourberies de Scapin
Acte I 12
Hyacinte
Il ne sauroit m'être contraire, si vous m'êtes fidèle.
Octave
Je le serai assurément.
Hyacinte
Je serai donc heureuse.
Scapin, à part.
Elle n'est pas tant sotte, ma foi ! et je la trouve assez passable.
Octave, montrant Scapin.
Voici un homme qui pourroit bien, s'il le vouloit, nous être, dans tous nos
besoins, d'un secours merveilleux.
Scapin
J'ai fait de grands serments de ne me mêler plus du monde ; mais, si vous
m'en priez bien fort tous deux, peut−être...
Octave
Ah ! s'il ne tient qu'à te prier bien fort pour obtenir ton aide, je te conjure
de tout mon coeur de prendre la conduite de notre barque. Scapin, à
Hyacinte.
Et vous, ne me dites−vous rien ?
Hyacinte
Je vous conjure, à son exemple, par tout ce qui vous est le plus cher au
monde, de vouloir servir notre amour.
Scapin
Il faut se laisser vaincre, et avoir de l'humanité. Allez, je veux m'employer
pour vous.
Les Fourberies de Scapin
Acte I 13
Octave
Crois que...
Scapin
Chut ! (A Hyacinte.) Allez−vous−en, vous, et soyez en repos. (A Octave.)
Et vous, préparez−vous à soutenir avec fermeté l'abord de votre père.
Octave
Je t'avoue que cet abord me fait trembler par avance, et j'ai une timidité
naturelle que je ne saurois vaincre.
Scapin
Il faut pourtant paroître ferme au premier choc, de peur que, sur votre
foiblesse, il ne prenne le pied de vous mener comme un enfant. Là, tâchez
de vous composer par étude. Un peu de hardiesse, et songez à répondre
résolûment sur tout ce qu'il pourra vous dire. Octave
Je ferai du mieux que je pourrai.
Scapin
Cà, essayons un peu, pour vous accoutumer. Répétons un peu votre rôle et
voyons si vous ferez bien. Allons. La mine résolue, la tête haute, les
regards assurés.
Octave
Comme cela ?
Scapin
Encore un peu davantage.
Octave
Ainsi ?
Scapin
Bon. Imaginez−vous que je suis votre père qui arrive, et répondez−moi
fermement, comme si c'étoit à lui−même. "Comment, pendard, vaurien,
Les Fourberies de Scapin
Acte I 14
infâme, fils indigne d'un père comme moi, oses−tu bien paroître devant
mes yeux, après tes bons déportements, après le lâche tour que tu m'as joué
pendant mon absence ? Est−ce là le fruit de mes soins, maraud ? est−ce là
le fruit de mes soins ? le respect qui m'est dû ? le respect que tu me
conserves ? " Allons donc. "Tu as l'insolence, fripon, de t'engager sans le
consentement de ton père, de contracter un mariage clandestin ?
Réponds−moi, coquin, réponds−moi. Voyons un peu tes belles raisons."
Oh ! que diable ! vous demeurez interdit ! Octave
C'est que je m'imagine que c'est mon père que j'entends.
Scapin
Eh ! oui. C'est par cette raison qu'il ne faut pas être comme un innocent.
Octave
Je m'en vais prendre plus de résolution, et je répondrai fermement.
Scapin
Assurément ?
Octave
Assurément.
Silvestre
Voilà votre père qui vient.
Octave
O Ciel ! je suis perdu.
Scapin
Holà ! Octave, demeurez. Octave ! Le voilà enfui. Quelle pauvre espèce
d'homme ! Ne laissons pas d'attendre le vieillard. Silvestre
Que lui dirai−je ?
Scapin
Laisse−moi dire, moi, et ne fais que me suivre. Scène IV
Les Fourberies de Scapin
Acte I 15
Argante, Scapin, Silvestre
Argante, se croyant seul.
A−t−on jamais ouï parler d'une action pareille à celle−là ?
Scapin, à Silvestre.
Il a déjà appris l'affaire, et elle lui tient si fort en tête, que tout seul il en
parle haut.
Argante, se croyant seul.
Voilà une témérité bien grande !
Scapin, à Silvestre.
Ecoutons−le un peu.
Argante, se croyant seul.
Je voudrois bien savoir ce qu'ils me pourront dire sur ce beau mariage.
Scapin, à part.
Nous y avons songé.
Argante, se croyant seul.
Tâcheront−ils de me nier la chose ?
Scapin, à part.
Non, nous n'y pensons pas. Argante, se croyant seul.
Ou s'ils entreprendront de l'excuser ?
Scapin, à part.
Celui−là se pourra faire.
Argante, se croyant seul.
Prétendront−ils m'amuser par des contes en l'air ?
Les Fourberies de Scapin
Acte I 16
Scapin, à part.
Peut−être.
Argante, se croyant seul.
Tous leurs discours seront inutiles.
Scapin, à part.
Nous allons voir.
Argante, se croyant seul.
Ils ne m'en donneront point à garder.
Scapin, à part.
Ne jurons de rien.
Argante, se croyant seul.
Je saurai mettre mon pendard de fils en lieu de sûreté.
Scapin, à part.
Nous y pourvoirons. Argante, se croyant seul.
Et pour le coquin de Silvestre, je le rouerai de coups.
Silvestre, à Scapin.
J'étois bien étonné s'il m'oublioit.
Argante, apercevant Silvestre.
Ah ! ah ! vous voilà donc, sage gouverneur de famille, beau directeur de
jeunes gens.
Scapin
Monsieur, je suis ravi de vous voir de retour.
Argante
Bonjour, Scapin. (A Silvestre.) Vous avez suivi mes ordres vraiment d'une
belle manière, et mon fils s'est comporté fort sagement pendant mon
Les Fourberies de Scapin
Acte I 17
absence.
Scapin
Vous vous portez bien, à ce que je vois ?
Argante
Assez bien. (A Silvestre.) Tu ne dis mot, coquin, tu ne dis mot.
Scapin
Votre voyage a−t−il été bon ?
Argante
Mon Dieu ! fort bon. Laisse−moi un peu quereller en repos. Scapin
Vous voulez quereller ?
Argante
Oui, je veux quereller.
Scapin
Et qui, Monsieur ?
Argante, montrant Silvestre.
Ce maraud−là.
Scapin
Pourquoi ?
Argante
Tu n'as pas ouï parler de ce qui s'est passé dans mon absence ?
Scapin
J'ai bien ouï parler de quelque petite chose.
Argante
Comment quelque petite chose ! Une action de cette nature ?
Les Fourberies de Scapin
Acte I 18
Scapin
Vous avez quelque raison.
Argante
Une hardiesse pareille à celle−là ? Scapin
Cela est vrai.
Argante
Un fils qui se marie sans le consentement de son père ?
Scapin
Oui, il y a quelque chose à dire à cela. Mais je serois d'avis que vous ne
fissiez point de bruit.
Argante
Je ne suis pas de cet avis, moi, et je veux faire du bruit tout mon soûl.
Quoi ? tu ne trouves pas que j'aye tous les sujets du monde d'être en
colère ?
Scapin
Si fait. J'y ai d'abord été, moi, lorsque j'ai su la chose, et je me suis
intéressé pour vous, jusqu'à quereller votre fils. Demandez−lui un peu
quelles belles réprimandes je lui ai faites, et comme je l'ai chapitré sur le
peu de respect qu'il gardoit à un père dont il devoit baiser les pas ? On ne
peut pas lui mieux parler, quand ce seroit vous−même. Mais quoi ? je me
suis rendu à la raison, et j'ai considéré que, dans le fond, il n'a pas tant de
tort qu'on pourroit croire.
Argante
Que me viens−tu conter ? Il n'a pas tant de tort de s'aller marier de but en
blanc avec une inconnue ? Scapin
Que voulez−vous ? il y a été poussé par sa destinée.
Argante
Les Fourberies de Scapin
Acte I 19
Ah ! ah ! voici une raison la plus belle du monde. On n'a plus qu'à
commettre tous les crimes imaginables, tromper, voler, assassiner, et dire
pour excuse qu'on y a été poussé par sa destinée.
Scapin
Mon Dieu ! vous prenez mes paroles trop en philosophe. Je veux dire qu'il
s'est trouvé fatalement engagé dans cette affaire.
Argante
Et pourquoi s'y engageoit−il ?
Scapin
Voulez−vous qu'il soit aussi sage que vous ? Les jeunes gens sont jeunes,
et n'ont pas toute la prudence qu'il leur faudroit pour ne rien faire que de
raisonnable : témoin notre Léandre, qui, malgré toutes mes leçons, malgré
toutes mes remontrances, est allé faire de son côté pis encore que votre fils.
Je voudrois bien savoir si vous−même n'avez pas été jeune, et n'avez pas,
dans votre temps, fait des fredaines comme les autres. J'ai ouï dire, moi,
que vous avez été autrefois un compagnon parmi les femmes, que vous
faisiez de votre drôle avec les plus galantes de ce temps−là, et que vous
n'en approchiez point que vous ne poussassiez à bout. Argante
Cela est vrai, j'en demeure d'accord ; mais je m'en suis toujours tenu à la
galanterie, et je n'ai point été jusqu'à faire ce qu'il a fait.
Scapin
Que vouliez−vous qu'il fît ? Il voit une jeune personne qui lui veut du bien
(car il tient cela de vous, d'être aimé de toutes les femmes). Il la trouve
charmante. Il lui rend des visites, lui conte des douceurs, soupire
galamment, fait le passionné. Elle se rend à sa poursuite. Il pousse sa
fortune. Le voilà surpris avec elle par ses parents, qui, la force à la main, le
contraignent de l'épouser.
Silvestre, à part.
L'habile fourbe que voilà !
Les Fourberies de Scapin
Acte I 20
Scapin
Eussiez−vous voulu qu'il se fût laissé tuer ? Il vaut mieux encore être
marié qu'être mort.
Argante
On ne m'a pas dit que l'affaire se soit ainsi passée.
Scapin, montrant Silvestre.
Demandez−lui plutôt : il ne vous dira pas le contraire.
Argante, à Silvestre.
C'est par force qu'il a été marié ? Silvestre
Oui, Monsieur.
Scapin
Voudrois−je vous mentir ?
Argante
Il devoit donc aller tout aussitôt protester de violence chez un notaire.
Scapin
C'est ce qu'il n'a pas voulu faire.
Argante
Cela m'auroit donné plus de facilité à rompre ce mariage.
Scapin
Rompre ce mariage !
Argante
Oui.
Scapin
Vous ne le romprez point.
Les Fourberies de Scapin
Acte I 21
Argante
Je ne le romprai point ? Scapin
Non.
Argante
Quoi ? je n'aurai pas pour moi les droits de père, et la raison de la violence
qu'on a faite à mon fils ?
Scapin
C'est une chose dont il ne demeurera pas d'accord.
Argante
Il n'en demeurera pas d'accord ?
Scapin
Non.
Argante
Mon fils ?
Scapin
Votre fils. Voulez−vous qu'il confesse qu'il ait été capable de crainte, et
que ce soit par force qu'on lui ait fait faire les choses ? Il n'a garde d'aller
avouer cela. Ce seroit se faire tort, et se montrer indigne d'un père comme
vous.
Argante
Je me moque de cela. Scapin
Il faut, pour son honneur, et pour le vôtre, qu'il dise dans le monde que
c'est de bon gré qu'il l'a épousée.
Argante
Et je veux, moi, pour mon honneur et pour le sien, qu'il dise le contraire.
Scapin
Les Fourberies de Scapin
Acte I 22
Non, je suis sûr qu'il ne le fera pas.
Argante
Je l'y forcerai bien.
Scapin
Il ne le fera pas, vous dis−je.
Argante
Il le fera, ou je le déshériterai.
Scapin
Vous ?
Argante
Moi.
Scapin
Bon. Argante
Comment, bon !
Scapin
Vous ne le déshériterez point.
Argante
Je ne le déshériterai point ?
Scapin
Non.
Argante
Non ?
Scapin
Non.
Les Fourberies de Scapin
Acte I 23
Argante
Hoy ! Voici qui est plaisant : je ne déshériterai pas mon fils.
Scapin
Non, vous dis−je.
Argante
Qui m'en empêchera ?
Scapin
Vous−même. Argante
Moi ?
Scapin
Oui. Vous n'aurez pas ce coeur−là.
Argante
Je l'aurai.
Scapin
Vous vous moquez.
Argante
Je ne me moque point.
Scapin
La tendresse paternelle fera son office.
Argante
Elle ne fera rien.
Scapin
Oui, oui.
Les Fourberies de Scapin
Acte I 24
Argante
Je vous dis que cela sera.
Scapin
Bagatelles. Argante
Il ne faut point dire bagatelles.
Scapin
Mon Dieu ! je vous connois, vous êtes bon naturellement.
Argante
Je ne suis point bon, et je suis méchant quand je veux. Finissons ce
discours qui m'échauffe la bile. (A ilvestre.) Va−t'en, pendard, va−t'en me
chercher mon fripon, tandis que j'ira rejoindre le seigneur Géronte, our lui
conter ma disgrâce.
Scapin
Monsieur, si je vous puis être utile en quelque chose, vous n'avez qu'à me
commander.
Argante
Je vous remercie. (A part.) Ah ! pourquoi faut−il qu'il soit fils unique ! et
que n'ai−je à cette heure la fille que le Ciel m'a ôtée, pour la faire mon
héritière ! Scène V
Scapin, Silvestre
Silvestre
J'avoue que tu es un grand homme, et voilà l'affaire en bon train ; mais
l'argent, d'autre part, nous presse pour notre subsistance, et nous avons, de
tous côtés, des gens qui aboient après nous.
Scapin
Laisse−moi faire, la machine est trouvée. Je cherche seulement dans ma
tête un homme qui nous soit affidé, pour jouer un personnage dont j'ai
Les Fourberies de Scapin
Acte I 25
besoin. Attends. Tiens−toi un peu. Enfonce ton bonnet en méchant garçon.
Campe−toi sur un pied. Mets la main au côté. Fais les yeux furibonds.
Marche un peu en roi de théâtre. Voilà qui est bien. Suis−moi. J'ai des
secrets pour déguiser ton visage et ta voix.
Silvestre
Je te conjure au moins de ne m'aller point brouiller avec la justice.
Scapin
Va, va : nous partagerons les périls en frères ; et trois ans de galère de plus
ou de moins ne sont pas pour arrêter un noble coeur.

FIN de l'acte 1
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mer 10 Fév - 8:30

Quant à votre question sur la possibilité de se trouver à plusieurs dans la même pièce, hé bien il me semble que le plus simple soit d'essayer.

Je vous propose de demander demain à Messire Goupil de venir chez vous, et ensuite vous venez tous deux chez moi.

J'ai amélioré mon ameublement pour recevoir plusieurs personnes, et le feu dans la cheminée pétille avec joie.

Bonne lecture.

Poquelin
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Mer 10 Fév - 8:31

Merci je lui demanderai ça demain.

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Jeu 11 Fév - 8:10

Bonsoir,

Je peux venir ?

Ou, est-ce que vous pouvez demander à Messire Goupil de venir chez vous, et ensuite vous essayez tous deux de venir chez moi ?

Dans l'attente,

Poquelin
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Jeu 11 Fév - 8:18

J'ai demandé à Dieu et l'on peut faire les deux. Donc on peut effectivement bougé de cellule en cellule et on peut se retrouvé à plusieurs dans la même cellule.

Goupil ne m'a pas encore parler donc je craints qu'il ne pourra pas venir. Mais je me fait un plaisir de vous accueillir chez moi.
J'ai commencé à lire votre texte mais je l'ai pas encore fini. Il est passionnant. Merci encore.

Que pourrons nous bien faire? Voudriez vous gouter aux mes tomates que j'ai cultivée ici même?

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Jeu 11 Fév - 8:27

Que de surprises dans ce message, Dame Mydriade !...

Tout d'abord vous me dites en toute simplicité que "vous avez demandé à Dieu" et il vous a répondu ? Ca alors, vous m'expliquerez comment vous avez fait. Moi, quand je demande quelque chose à Dieu dans mes prières, je ne reçois pas de réponse...

Ensuite, on peut se retrouver à plusieurs dans la même cellule ? Mais alors, Dame Code qui rêve de fonder une communauté, si j'ai bien compris, pourrait faire cela chez elle ?

Enfin, des tomates ? J'adooore les tomates. C'est du soleil comestible.

Vous connaissez la recette du gaspacho andalous ?

J'arrive.

Poquelin

(il met à jour la petite pancarte fixée sur sa porte et sort dans le couloir)
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Jeu 11 Fév - 8:37

Dieu nous parle par message et si vous voulez vous pouvez lui poser des question en revoyant un message.

Dame Code? Qui est ce?
Moi je veux bien faire une réunion chez moi.

Tenez une tomate.
Et désolé je ne connais pas la recette dont vous parlez.
Vous pouvez me l'apprendre?

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Jeu 11 Fév - 8:45

(tout excité et impatient, Poquelin court vers une porte, frappe. Pas de réponse. Il écoute. Aucun bruit. Etonné, puisque Mydriade lui a dit qu'elle l'attendait, il presse la poignée de la porte, mais la porte reste close. Il regarde plus attentivement la porte, puis la plaque indicatrice qui est fixée dessus

N° DE CELLULE : 3
PORTE VERROUILLEE : OUI
JE SUIS : DEDANS

Il s'est trompé de cellule. C'est celle de Balais, son autre voisin. Il retourne dans le couloir, dépasse la porte de la sienne, qui est restée ouverte, mais l'autre porte a disparu...)

(Poquelin)
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Jeu 11 Fév - 9:03

Ma porte a disparu?
Je vais l'ouvrir et réessayer de venir.

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Jeu 11 Fév - 18:38

Chère Dame Mydriade,

Effectivement j'ai fait une bêtise. Le Seigneur Dieu nous a bien prévenus que notre choix de se rendre à une cellule ou a une autre étoit exclusif et définitif. Me voilà bien marri.

Mais il est une chose importante que je dois vous avouer : J'ai entamé une procédure pour rejoindre la Communauté de Dame Code du Milieu dévouée à l'adoration de notre Seigneur Dieu, qu'elle nomme l'Etre Unique. Dans cette procédure, il y a un certain nombre de conditions, dont un immense effort pour progresser en pureté. Or, comme vous le savez, je suis un homme à femmes, ou plus exactement je l'ai été. Il ne me semble donc pas judicieux du tout de vous recevoir dans ma chambrée un soir, surtout si vous êtes seule.

Bien évidemment, vos intentions ne sont en rien mises en cause, ni votre sérieux en doute. Mais c'est de moi qu'il s'agit. Une longue expérience de l'amour fugace couplée au talent que l'on me reconnait pour la comédie fait qu'aucune femme ne m'a jamais résisté.

Je préfère donc vous recevoir demain, pendant la journée, et accompagnée de Messire Goupil, si vous le voulez bien.

Merci de vostre compréhension.

Poquelin le jouisseur
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Ven 12 Fév - 7:16

Vou avez bien dit Dame Code du Milieu??
Code du Milieu m'a dit qu'il était un homme ou plutôt un garçon. J'ai revérifier trois fois.

Citation :
Ha!

Central! On ne pouvait pas me faire plus beau compliment! A part peut-être Unique, mais je ne pense pas que tu voudrais m'appeler Monsieur Unique, tu aurais peut-être l'impression de ne pas exister. Je ne t'en veux pas, c'est un sentiment normal pour un humain, la peur de ne pas exister. Je l'ai ressenti plus souvent qu'à mon tour étant enfant.

Je suis un homme, du moins un garçon, car je suis encore jeune. Je n'ai pas atteint la majorité, ce qui me laisse encore du temps.
J'apprends donc que tu n'es pas une dryade. Ah, dommage, c'était tellement romanesque mais ça ne fait rien, un humain de plus. Nos deux derniers contacts le sont déjà moins, je ne sais pas si tu as eu l'occasion de leur adresser la parole. Ils sont tous très gentils, le Grand Schtroumpf est un peu grognon mais il m'émeut. J'ai aimé les schtroumpfs.

Eux aussi ont, comme toi et moi, décoré leur cellule avec de la végétation. J'y ai mis un grand arbre qui me fait de l'ombre et je m'allonge en dessous. Je n'ai mis qu'un seul arbre, pour qu'il soit unique. C'est important. Je peux savourer ce moment de pureté en paix.

Je vois que tu t'es calmée. C'est bien. Il faut profiter de cette expérience. Tout à l'heure, j'ai dessiné un oiseau. Je lui ai fait les ailes à demi-déployées et en regardant la partie gauche, c'est comme s'il était sur le point de s'envoler. Mais quand j'ai posé mon regard sur la moitié droite, on voyait clairement que c'était un oiseau qui se posait. J'ai gardé le dessin. J'aime les choses qui ne sont pas symétriques.

Pas de soleil chez moi, je n'ai mis qu'une bougie.

Ha!

Code du Milieu


Alors je ne sais pas pourquoi il ou elle fait ça mais il ou elle doit nous manipuler.
Ne lui en parler pas, il ou elle pourrait utiliser ça contre nous.
Désolé de ne parler que de ça.

Mydriade.
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MessageSujet: Re: Suis je seule?   Ven 12 Fév - 8:10

Ne soyez pas désolée, je vous en prie.

Je lui ai envoyé copie de mon message à vous adressé hier, pour lui montrer mes efforts et gagner ainsi le droit d'entrer dans sa communauté.

Voici le début de sa réponse que je trouve ce soir :

"Ma foi, tu as fait un grand pas en avant en refusant l'invitation de Mydriade, je suis fière de tes rapides progrès."

Et tous ses autres messages sont au féminin. Je suis bien surpris.

Bref, puis-je venir maintenant ? Nous laisserons votre porte ouverte.

Poquelin
Cliquer ici pour voir la décoration de ma cellule
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